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L'orchidée: un mythe.

 

Il existe de nombreux mythes, légendes et superstitions associés aux orchidées. Ces plantes ont toujours suscité, aux différentes époques et chez les différents peuples, une fascination presque mystique.

Les formes adoptées par les orchidées pour attirer l'insecte pollinisateur ont toujours exercé un pouvoir de fascination. Leur mimétisme a ainsi puissamment influencé d'invraisemblables croyances magiques, thérapeutiques et religieuses.

Vers 240 avant notre ère, l'Empereur Shi-Kotei demanda conseil à son médecin car son épouse, l'Impératrice Yohki-hé, ne savait pas avoir d'enfants. Le médecin, conseilla alors de placer une orchidée dans les appartements de l'Impératrice. Selon la légende, il s'agissait d'une orchidée que l’on nomme de nos jours le Cymbidium ensifolium. L'orchidée développa rapidement treize fleurs et quelques mois plus tard l'Impératrice mit au monde le premier de ses treize fils.

Dans l'Antiquité et pendant le Moyen Âge, les orchidées, comme beaucoup d'autres plantes, ont été principalement employées pour leurs propriétés supposées médicales et aphrodisiaques.
Les Orchis sont des orchidées auxquelles on attribuait une grande vertu aphrodisiaque. Les tubercules entraient dans la composition de nombreux philtres d'amour.
Les orchidées étaient synonymes de fertilité et de virilité, elles étaient utilisées pour traiter les problèmes de sexualité : l'impuissance, la frigidité, la stérilité.
Au premier siècle des années de notre ère, les Orchidées sont mentionnées par Dioscoride, un médecin grec, chirurgien dans l'armée Romaine de Néron, qui a rassemblé bon nombre d'informations sur des plantes médicinales.
Dioscoride, écrivit une œuvre en 5 volumes : De Materia Medica. Il y décrivit longuement l'Orchis longicruris qu'il appelait "Priapiskos" (petit Priape ou Satyrion des Anciens). La vague ressemblance de la fleur avec la silhouette humaine lui conférait des vertus magiques et aphrodisiaques. L'ingestion des tubercules séchés par un homme ou par une femme, déterminait le sexe de l'enfant à naître.

Selon Théophraste, le Satyrion était l'aphrodisiaque parfait, il permettait au bienheureux qui l'avait ingéré d'effectuer soixante-dix coïts consécutifs.
Un autre auteur Romain suggérait de frotter le satyrion sur les semelles des pieds pour produire l'éveil érotique.
Une autre source mentionnait qu'il est suffisant de tenir une partie de la plante en main pour produire les effets érotiques désirés.
L'utilisation la plus commune à l'époque était de pulvériser la racine séchée du Satyrion et de l'ajouter au vin.
En observant les tubercules de l’Orchis et leur ressemblance avec les testicules humains, Théophrastus et Dioscoride émirent l'hypothèse (issue de la Doctrine des signatures) que ces plantes influençaient la sexualité. Cette hypothèse a prévalu pendant les seize siècles suivants.

De 1368 à 1644, pendant la dynastie Ming de nombreux documents font référence à l'utilisation d'orchidées comme herbes médicinales.
Les Cymbidium sont utilisés pour les rhumatismes, les névralgies et les maladies vénériennes. Les crispa sont utilisés pour la diarrhée et les fièvres. D'autres orchidées sont réputées pour leur parfum.

La première référence aux orchidées dans l'hémisphère occidental est le codex Aztèque Badianus de 1552. Il mentionne que la vanille était employée comme un assaisonnement, comme parfum et entrait dans la fabrication d'une grande préparation le tlilxochitl, une boisson à base de cacao.
Le premier livre américain de plantes médicinales de Martin Cruz signalait qu'en médecine aztèque la Vanille planifolia était utilisée comme herbe médicinale dans le traitement de l'hystérie, des fièvres, de l'impuissance et des rhumatismes.
Au Mexique, on mêlait la vanille au chocolat, pour en augmenter les pouvoirs. L'Europe craqua devant l'irrésistible gousse parfumée. La marquise de Montespan en parfumait l'eau de son bain pour augmenter sa libido. Les propriétés aphrodisiaques de la vanille ont fait le tour du monde. Elle est encore utilisée actuellement en Amérique du Sud comme remède contre les problèmes d’érection. De plus, son exploitation massive en parfumerie n’est certainement pas anodine… Toutefois, aucune étude n’est venue confirmer le pouvoir des gousses de vanille sur la libido.
La vanille contient des essences volatiles c'est pourquoi elle est utilisée en parfumerie. Le physicien allemand Bezaar Zimmermann affirme dans son livre On Experiences paru en 1762 que plus de 342 hommes déclarés impuissants devinrent des amants modèles après avoir bu des décoctions de vanille.

Encore aujourd'hui, dans certaines contrées de l'Amérique Centrale et de l'Amérique du Sud, notamment au Mexique, en Argentine et au Venezuela, les hommes tentent de ranimer leur vigueur passée en faisant macérer quelques gousses de vanille dans un verre de tequila ou tout autre alcool blanc pendant près d'un mois. Ils prétendent qu'en prenant de 10 à 15 gouttes de cette macération chaque soir, ils conservent la forme…

De nombreux médecins, Otto Brunfels, Léonard Fuchs, John Gérard ont mentionné l'utilisation des orchidées tropicales comme remèdes médicinaux : l'Encyclia citrina, le Laelia autumnalis, la Stanhopea hernandezii, l'Arpophyllum spicatum, la Bletia catenulata, la Cranichis speciosa et l'Epidendrum pastoris étaient également signalés comme remèdes médicaux.

En 1597 John Gérard publie Gerard's herbal. L’auteur y signale que les orchidées étaient appelées “Satyrion femina” parce qu’elles entraient dans la composition de la nourriture des satyres en provoquant leurs débordements sexuels.

En 1640, Parkinson dans son Theatricum Botanicum signale que les orchidées peuvent être utilisées pour faciliter la fertilité et la virilité.

On a longtemps cru que les orchidées poussaient là où les animaux qui copulaient avaient laissé tomber leur semence. Le British Herbal Guide de 1653 conseillait d’utiliser les orchidées avec précaution. " Elles sont chaudes et humides quand on les utilise, sous la domination de Vénus, et elles provoquent une violente lubricité".
Voltaire signale dans son Dictionnaire Philosophique que "Le Satyrion fut regardé chez les Grecs et chez les Romains comme le philtre le plus puissant ; on l’appelait la plante aphrodisia, racine de Vénus. Nous y ajoutons la roquette sauvage c’est l’eruca des Latins (Et venerem revocans eruca morantem.). Nous y mêlons surtout un peu d’essence d’ambre".

Depuis longtemps, les Turcs, les Perses, utilisent le salep. Quand les tubercules d'orchidées, comme ceux de l'Orchis purpurea, sont bien gonflés au moment de la floraison, ils sont bouillis puis séchés, enfilés sur un fil et enfin réduits en poudre. On recueille une fécule composée de mucilage, d'amidon et de substances diverses. Le salep a des propriétés aphrodisiaques, selon la théorie ancienne de la similitude, puisque les tubercules ont vaguement la forme de testicules. Le fort pourcentage de mucilage permettait une préparation qui était utilisée en décoction émolliente contre les inflammations de l'intestin.
Au XIXe siècle, la boutique des chocolats de prestige Debauve & Gallais, fournisseur des anciens Rois de France, fabriquait des chocolats de santé au Salep de Perse.
La chocolaterie Menier vendait des chocolats pectoraux au salep
À Istanbul, on peut encore déguster un salep, boisson brûlante, crémeuse à base de bulbes d'orchidées et de cannelle et de la glace aux "Testicules de renard".

Et puis, Mesdames n'oubliez pas… Pour les douleurs menstruelles, il suffit d’appliquer un cataplasme de "couillons de renard" sur les seins...

Écrit par damien3l2 Lien permanent | Commentaires (0)

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