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Neottia nidus-avis (L.) Rich.

Néottie nid d'oiseau

IMG_4084.JPGHabitat : plante d'ombre, en forêts de hêtres.

Floraison : mai à juin

Hauteur : 10 à 40 cm

Présence en Alsace : commun

Présente de la plaine jusqu'aux sommets, les racines de cette orchidée sans chlorophylle font penser à un nid d'oiseau.


Neottia nidus avis.jpg

Book Author:

Correvon, Henry

Book Title:

Album des Orchidées d'Europe

Book Publisher:

H. Correvon

© by H. Correvon

 

Neottia nidus-avis.jpg

Extrait de la Flore du Nord-Est

neottia nidus.jpg

det.

E. Issler

leg.

E. Issler

Location:

France, Alsace, Dép. Haut-Rhin, Vosges (sud)

Date:

June 2, 1892

 

extrait Neottia nidus avis.JPGExtrait de le Flore de Coste

 

« Plante saprophyte ayant le port d'une Orobanche d'un brunâtre terreux, devenant brun foncé après la maturité des graines. Souche verticale, munie de fibres charnues très nombreuses, cylindriques, jaunâtres, obtuses à l'extrémité, disposées horizontalement, insensiblement plus courtes de bas en haut, étroitement fasciculées, simulant obscurément un nid d'oiseau latéral au pied de la hampe. Tige de 2-4 décimètres, rarement 6 décimètres, droite, ordt. robuste, cylindrique, d'un blanc jaunâtre, munie au sommet de poils glanduleux, entourée de 4-5, rarement 6 écailles engainantes. Feuilles réduites à l'état d'écailles engainantes, brunâtres, les sup. un peu plus longues que les inf. et un peu plus renflées vers leur sommet. Bractées linéaires lancéolées, aiguës, de la couleur des fleurs, aussi longues ou plus courtes que les fruits. Fleurs assez nombreuses, émettant du nectar, disposées en épi allongé, assez gros, dense surtout au sommet. Divisions du périanthe libres, obovales-oblongues, concaves, conniventes d'un jaune terreux roussâtre, les lat. ext. souvent dentées, les lat.int.un peu plus cunéiformes, égalant les ext. de même forme qu'elles, mais plus étroites. Labelle 2 fois plus longue que les autres divisions du périanthe, étalé, dirigé en avant, d'un brun roussâtre, gibbeux, en sac à la base puis planinseule, 3 lobé ; lobes lat. petits, dentiformes ; lobe moyen bien plus grand que les lat., Insensiblement dilaté vers le sommet, qui est divisé en deux lobules ovales, arqués, divergents, Gynostème assez long, subcylindrique, atténué au sommet d'un blanc sale, presque à angle droit avec le labelle. Stigmate transversal, étroit, réniforme. Anthère terminale libre, persistante, oblongue cordiforme, 2 loculaires, à loges parallèles, contiguës, insérées au sommet du gynostème vers son bord postérieur un peu en arrière du stigmate. Masses polliniques d'un jaune clair, 2, bipartites, linéaires-oblongues, fixées à une glande commune.

Le gynostème rappelle beaucoup celui du Listera et la fécondation s'opère à peu près comme dans ce genre, grâce à l’intervention des Insectes et à l'explosion du rostellum. Bien  que les fleurs soient peu visibles, les insectes sont attirés par l'odeur et le nectar sécrété assez abondamment à la base du labelle. H. Muller a trouvé le Spilogaster  semicinerea et l’Hémolysa affinis sur les fleurs. L’autofécondation n'est pas rare, le pollen se séparant facilement en tétrades  qui tombent directement sur le stigmate 

Staminodes nuls. Ovaire ovale-oblong, subtriquètre, droit, parfois muni de quelques poils glanduleux, légèrement atténué à la base, à pédicelle contourné court, un peu plus long dans les fleurs inf. Capsule très coriace, brunâtre, ovale-oblongue, à 6 côtes, étalée, souvent presque horizontale, subtronquée et denticulée à la partie sup., surmontée de la base durcie du gynostème et des divisions du périanthe. Graines très petites, sublinéaires

Cette plante ne contient pas de chlorophylle d'une manière apparente, mais dans certaines conditions (sous l'action de la chaleur, des acides, des alcalis, etc.)la présence de ce corps devient sensible. Engelmann a montré que les leucites bruns renfermant le pigment vert dégagent de l'oxygène, mais l'action chlorophyllienne est si faible que le Neottia peut être considéré comme une plante holosaprophyle

Le Neottia comme toutes plantes phanérogames holosaprophytes, descend d'ancêtres à chlorophylle.

Le principal facteur de dégénérescence a été le développement des mycorhizes. La plante a d'abord obtenu de l'eau de ces champignons, puis elle a compté sur eux pour toute sa nourriture et c'est alors que les feuilles se sont réduites et que la chlorophylle, devenue inutile, a disparu. La lumière n'est donc pas nécessaire au Néottia qui vit à l'ombre épaisse des forêts et mène une existence en grande partie souterraine. Cette plante vit normalement plusieurs années sous terre avant de donner, à la lumière atténuée du sous-bois, une hampe jaunâtre, rapidement desséchée. Comme nous l'avons déjà dit, dans certains cas, cette espèce peut même fleurir et mûrir ses fruits sous terre

 Mai, juin ; parfois juillet, août dans les montagnes. Habitat : bois ombreux, souvent humides, dans les montagnes, souvent dans les forêts de Hêtres, de Pins, parfois de Sapins, de Chênes ou de Noisetiers, isolé on en colonies, adapté d'une façon particulière à la vie dans l'humus des hautes futaies où le sol s'exhausse par la chute des feuilles annuelles   

 

VÉGÉTATION MONOPODIALE DU NEOTTIA NIDUS-AVIS.

 

ENVAHISSEMENT PERMANENT, SYMBIOSE CONTINUE

 

Le mode de développement du Neottia nidus avis a été l'objet de nombreuses recherches dues principalement

à IHMISCH , Prillieux , Drude, N. Bernard . Au début de la germination, l'embryon augmente de volume à son extrémité opposée ou pôle suspenseur. Il  prend une forme conique, nettement recourbée à la pointe, il a donc un plan de symétrie. Après la déchirure du tégument, l'embryon est blanc, surtout vers le pôle végétatif, il est dépourvu de poils et de papilles.

L'amidon à ce moment s'accumule dans ses cellules. Dans un embryon plus âgé, on voit que la zone atteinte tout à fait continue, s'étend entre l'épidémie indemne et le parenchyme cortical amylifère , elle comprend 3 assises de cellules environ. Cette zone ne touche à l'extérieur que vers la pointe inférieure; dans la région du pôle suspenseur, elle enveloppe l'embryon dans toute la partie atténuée, la partie élargie n'est pas atteinte. A la partie supérieure indemne, en v, l'axe est renflé latéralement et forme une sorte de tète globuleuse formée de petites cellules sur laquelle naissent des mamelons latéraux à point végétatif distinct et qui sont l'origine des premières racines. Ensuite le bourgeon terminal et sa première écaille se différencient. Le bourgeon terminal se développe ensuite en rhizome horizontal un peu plus gros que l'axe, gorgé d'amidon, pourvu, aux noeuds, de feuilles rudimentaires et donnant naissance dans les entre-noeuds à des racines serrées gorgées d'amidon. Ces racines, qui dans un même entre-noeud, naissent presque simultanément, sont analogues aux tubercules des Ophrydées ; elles sont serrées et monostéliques. Il paraît ne se former qu'un entre-noeud chaque année, les racines charnues et enchevêtrées forment une griffe ordinairement compacte rappelant la forme d'un nid d'oiseau. Le développement est monopodial. Toute la plante procède d'un bourgeon qui a d'abord produit le rhizome portant des racines et s'est ensuite redressé en hampe florale. Le développement est lent, la plante est monocarpienne, et un individu issu de graines peut vivre 7-11 ans avant de fleurir. Il meurt ensuite. L'inflorescence a aussi un développement très lent. En mai, le bourgeon terminal peut contenir déjà une hampe qui ne fleurira que l'année suivante. A l'aisselle des écailles du rhizome se développent des bourgeons de second ordre. Les écailles peuvent être toutes pourvues de bourgeons, à l'exception des écailles postérieures. Ces bourgeons de 2^ ordre peuvent aussi se développer. Les bourgeons postérieurs donnent de nombreuses racines, le bourgeon antérieur peut donner un tubercule et une hampe florale. Cette hampe peut fleurir en même temps que la hampe terminale bien que provenant du plus jeune des bourgeons, développé plus rapidement parce qu'il a été plus longtemps protégé de l'infection que les autres. L'accélération de développement est encore plus manifeste pour les bourgeons axillaires de 3« ordre qui naissent parfois sur les bourgeons de 2* ordre. Dans certains cas, il peut y avoir l'apparence d'un développement en sympode. MiscH et Dride, généralisant d'après quelques-uns de ces cas, ont cru à la réalité d'un sympode, chez le Neottia. On observe rarement ce mode de végétation en pseudo-sympode dans des individus qui, au printemps, portent, avec la hampe desséchée de l'année précédente, une hampe nouvelle due au développement d'un bourgeon axillaire de l'axe primaire, antérieur à celui qui a fleuri précédemment. Ce cas est rare, parce que, en général, il y a accélération dans le développement des 2-3 bourgeons disposés en sympode. Ces bourgeons, par suite de cette accélération de développement, fleurissent la même année que le bourgeon terminal dont l'évolution est plus lente. Ce qui se passe ici diffère de ce qui existe dans le mode typique de végétation en sympode, par la rapidité plus grande du développement des bourgeons. Irmisch et Drlde ont, en effet, trouvé des bourgeons avancés à la partie antérieure du rhizome qui s'attache la hampe. Mais, comme Prillieux l'a fait observer, la plupart de ces bourgeons antérieurs ne fleurissent pas, ils sont atteints pas les champignons et se dessèchent même après la différenciation de la hampe.

Chez le Neottia, la symbiose est absolument continue. La jeune plantule est largement  atteinte. Les endophytes gagnent ensuite le rhizome, les racines et même jusqu'à la base de la tige. On observe les endophytes dans les racines et dans la zone moyenne de l'écorce du rhizome). La région atteinte est continue et sans contact avec la surface de la plante, rarement quelques champignons existent dans les cellules épidermiques. Les champignons ont dû se propager de cellule en cellule depuis le bourgeon terminal, sans contamination par le sol, chez la plante adulte. La hampe aérienne n'est pas attaquée  mais pourtant nous avons observé quelques pelotons dans la partie inférieure de la tige, au-dessus du rhizome sur lequel naissent les racines.

Hampes souterraines. Parfois , les hampes n'ont pas la force de percer la couche d'humus qui les recouvre, elles s'enroulent, se contournent irrégulièrement dans le sol, les bractées s'élargissent et parfois, dans ce cas, le labelle occupe la partie supérieure de la fleur. La zone atteinte  est étendue. Les champignons pénètrent par la cavité centrale de la tige jusqu'aux fruits et aux graines qu'ils attaquent et dont ils provoquent la germination. L'infection se continue d'une génération à l'autre.

Multiplication du Neottia.

 La multiplication par formation de bourgeons adventifs à la pointe de quelques racines a lieu .Vers l'époque de la floraison, on observe à l’extrémité de certaines   racines, un ou plusieurs  petits mamelons gorgés d'amidon. A ce moment, les réserves de la racine ont été employées au développement de la pousse-. Le petit mamelon déchire la coiffe de la racine et se développe,. Un jeune  rhizome s'organise, il se forme des racines, puis un bourgeon terminal. Comme dans les Individus issus de graines, la racine est largement atteinte, le point végétatif est seul indemne. Le rhizome croit par son extrémité, de nouvelles  racines se forment et la jeune plante prend peu à peu l'aspect d'un rhizome de Neottia. A ce moment, la pourriture a ordinairement envahi  tout le rhizome de la plante-mère, les racines sont pourries par leur partie postérieure mais végètent encore souvent à l’autre extrémité  produisant de nouveaux pieds qui  se trouvent isolés par destruction de la plante-mère »

 

Extrait de :

 

Titre : Iconographie des orchidées d'Europe et du Bassin méditerranéen

 

 par E. G. Camus ; avec la collab. pour l'anatomie et la biologie, de A. Camus

 

Auteur : Camus, Edmond Gustave (1852-1915)

 

Éditeur : P. Lechevalier (Paris)

 

Date d'édition : 1929

 

Pour visualiser la cartographie SFOLA de cette espèce, cliquer sur la carte ci-dessous:

Neottia nidus-avis.JPG

 

 

 

 

Écrit par damien3l2 Lien permanent | Commentaires (0)

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